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Résumé de François HUMBLET sur ces Championnats du MONDE 70.3 en Australie ( 651 )

Let’s go pour le compte-rendu de ces Championnats du Monde ironman 70.3 à Mooloolaba en Australie

(un petit livre mais en format "poche" ; ce qui ne vous prendra pas trop de temps à lire)
Après l’enchainement des courses en avril-mai-juin, la reprise de l’entrainement en juillet, l’annulation des dernières compétitions belges en aout, je suis parti le 21 aout dernier pour l’Australie avec un certain mélange de peur, de stress et d’excitation.
Partir quasi 1 mois si loin et en solitaire, tout ça pour participer à une "banale" course en apparence mais en même temps tellement importante, ca vous fait vous poser quelques questions : sur l’impact de votre sport sur vous même, sur la raison de tout ces sacrifices mais également sur l’équilibre voire le déséquilibre que cela peut apporter, bref des questions de sportifs dits de "haut niveau" qui survivent grâce à leur sport...
Alors les jours d’acclimatations passent et les questions se résolvent naturellement, je me retrouve dans un petit coin de paradis à faire ce que j’aime et ce à quoi je semble être doué, ce à quoi j ai consacré des milliers d’heures mais qui m’a apporté énormément de joie en retour.
Ces jours-là ont passé à une vitesse folle, les journées commençant au lever du soleil vers 6.00 AM et finissant au coucher du soleil vers 5.30 PM. Entre les deux, j’ai vécu la vie à l’Australienne, du sport le matin, un bon petit lunch le midi, un peu de plage, du sport l’après midi, un petit apéro et un sommeil réparateur dès la tombée de la nuit !

La piscine est extra, j’ai trouvé un groupe de cyclistes avec lesquels j’ai discuté longtemps et qui me font découvrir les coins sympas de la région, pour courir, j’ai un sentier qui m’offre une vue sur l’océan d’un coté et une vue sur la marina de l’autre, un paradis pour multi-sportifs !
En plus de cela, ma mamy australienne chez qui j’habite est une « beauty », une mère Theresa mexicaine hyperactive de (j’estime) 75ans qui à la main sur le cÅ“ur, qui enseigne l’espagnol, le piano, prend des cours de français, de yoga et de danse, fait de la marche à tout heure de la journée et qui entre tout cela, me donne des infos et me conduit un peu découvrir sa ville d’adoption.
Habite chez elle, un homme de 63ans, originaire d’Afrique du Sud qui a pratiqué tous les sports et qui a participé à l’ironman d’Afrique du Sud en 1988 à l’époque où tout était permis, l’épreuve consistait même en un enchainement de canoë, de vélo et de course-à-pied, cette même épreuve faisait partie d’un autre événement : l’Ultraman composé de l’ironman ainsi que plusieurs marathons, des courses cyclistes, des courses de natation et de canoë, le tout réparti sur un an. On a rien inventé ces dernières années, l’homme à toujours eu l’esprit tourné vers le dépassement de soi voire vers la folie !
Bref, je me sens bien et les doutes et questionnements s’évaporent. Je me recentre sur mon objectif de la saison, voire de ces 4 dernières saisons ! Vous vous rappelez surement qu’après l’obtention de mon Master en Sciences Eco, je m’étais donné 4ans pour atteindre mon potentiel maximal, aujourd’hui, cela fera 4ans, 4années de progression constante, d’entrainements réguliers, de belles, voire très belles, victoires, parsemées par quelques périodes creuses mais qui m’ont fait grandir !
Alors j’ai abordé ces championnats du monde comme une sorte de « test » après 4années d’étude en « pratique du sport de haut niveau » et dans tous les cas, l’issue allait être intéressante : soit j’échoue au test et « ok », je vais de l’avant sans regrets, me tourner vers de nouveaux horizons, soit je réussis et s’ouvre alors devant moi la possibilité de continuer la progression et d’aller toucher de nouveaux sommets dans un sport que j’adore et qui me correspond bien.

Avec tout cela en tête, c’est parti :

  • 3h30 du matin, après une nuit agitée durant laquelle j’ai fait, refait et encore refait ma course, je déjeune méthodiquement mes 4 tartines au miel et mes 100gr de sportdej.
  • 4h15, petit footing (10’) de digestion et de mise en route.
  • 5h15, direction la zone de transition pour déposer les gels, les gourdes et accrocher les chaussures sur le vélo.
  • 6h15, la vague des pros est partie, l’heure pour moi d’enfiler la combinaison et de me mettre à l’eau pour prendre la température et faire tourner les bras.
  • 6h40, ma vague est appelée dans l’enclos à bestiaux avant le coup de sifflet.
  • 6h50, coup de sifflet, c’est parti, démarrage à bloc pour s’extraire du groupe, mais championnats du monde oblige, il n’y a pas de « mauvais nageurs » tous sont affutés et pas là pour plaisanter, la bagarre s’éternise un peu et je dois laisser filer un groupe de 10-15 concurrents.
  • 7h15, après 25’ dans l’eau, je sors de l’eau en ayant doublé des gars partis 10’ avant, ce fut un peu le chaos sur la fin de la natation, chacun devant éviter les lents des vagues précédentes !
  • Après une longue transition, c’est parti pour la partie cycliste, au menu 45kilomètres tout plats d’autoroute en aller-retour suivi de deux boucles vallonnées de 17kilomètres et enfin 10kilomètres pour retourner vers la zone de transition.
  • L’autoroute a été propice à la formation de « groupes », comme l’année dernière en Autriche, je savais que cela allait se produire et donc mentalement j’étais prêt à gérer cela, sans s’énerver ni perdre le fil de la course. Il faut être le plus réglo possible tout en sachant que nous avons tous un niveau quasi similaire et que donc faire la différence seul n’est pas bénéfique car la troupe reviendra toujours quand les parcours sont plats. Alors j’attends la difficulté majeure et attaque au train afin de pouvoir enfin profiter d’une route moins encombrée, jusqu’au retour sur la nationale où les groupes se reforment. Tant pis, direction la zone de transition pour la dernière partie de l’examen !
  • Après 2h12 de vélo, je dépose celui-ci et part enfiler mes chaussures, mettre la casquette et tenter une belle remontée, me sachant relativement loin des premiers de ma catégorie.
  • Dès les premiers mètres, je prends le rythme travaillé à l’entrainement (rythme que j’ai eu du mal à tenir lors des 2 autres ironman 70.3 que j’ai fait cette saison), sans forcer je passe le premier demi tour, au kilomètre 5, en ayant repris quelques places. Retour vers l’arrivée mais seulement pour repartir pour 10 nouveaux kilomètres. Je regarde la montre et vois 36’, impeccable, objectif tenir ce rythme et accélérer si possible dans les 3derniers kms ! Je dépasse le concurrent qui avait le numéro au dessus du mien, je le savais bien classé après le vélo et lui demande sa place, il me répond 2ème et m’informe que le premier n’est pas loin avant de me lancer, « hold me a beer at the finish line », je lui réponds « ok, faisons ça » et repart bien convaincu de rattraper le premier ! Passage au 15ème kilomètre sans savoir si j’ai dépassé ou non le premier car il y a les concurrents qui en sont à leur premier tour, il y a également les concurrents dont le numéro de dossard n’est pas visible et ceux dont le tatouage au bras est couvert par leur trifonction longue manche. Vu que je tiens une bonne allure, j’estime avoir du le passer et continue sur ma lancée, arrivé aux 3 derniers kms, je me sens toujours au top et j’accélère afin de soit sceller la première place, soit le dépasser en toute fin.
  • Malheureusement, sur le tapis rouge des 100 derniers mètres, j’aperçois le panneau indiquant les arrivées et observe avec déception le nom du concurrent s’afficher avec un petit « WC » signifiant « World Champion » de notre catégorie. Je franchis à mon tour la ligne…à 6 petites secondes de lui ! Dommage, il était australien et sur ses terres, j’imagine que le destin l’a récompensé !
  • Voila, après 1h15 de course-à-pied pour le semi-marathon, je viens échouer à 6secondes du titre de Champion du Monde mais je suis extrêmement heureux d’avoir fait une course pleine, du début à la fin, battant mes records personnels sur les 3 disciplines !

Les conditions étaient parfaites, océan très calme, température idéale, belles routes, public extra, tracé à pied très sympathique et ravitos au top !
Cela m’a permis de faire une course en 3h59’, ce qui est relativement honorable et dont je suis assez fier !
Pour la petite histoire, lors de la remise des prix, le champion de la catégorie m’a avoué avoir été informé de ma belle foulée et s’est donc donné à 1000% pour que je ne puisse pas le rattraper, il m’a dit avoir eu chaud en me voyant revenir sur la fin, malheureusement je n’ai pas eu ces infos là durant la course !
Bref, belle course, content de l’avoir terminée afin de consacrer du temps à la découverte des lieux touristiques et naturels ! De prendre du temps pour faire autre chose, comme du surf, aller voir les baleines, aller manger un burger ou deux, visiter l’arrière pays, aller faire coucou aux koalas et aux kangourous et visiter la plus grande ile de sable au monde : Fraser Island (où la chance de survie diminue à 5% une fois passé 30’ dans l’eau…)
Concernant la correction du test, c’est en cours mais les rumeurs racontent que l’évaluateur hésiterait entre « 12/20, ce qui est bien mais pas top » ou « Continuez dans cette voie Mr Humblet, vous serez un jour amené à faire de grandes choses ici bas ». A suivre…
Merci d’avoir pris le temps de lire ce compte-rendu un peu spécial, faisant office en même temps de rapport de course mais aussi de bulletin psychanalytique !
Merci à toutes les personnes qui ont rendu ce rêve possible, vous êtes tellement nombreux et nombreuses que vous citer prendrait encore une bonne page, sachez juste que du plus profond de mon cœur, je vous suis énormément reconnaissant,

« you’re all amazing » !

Merci !